jeudi 27 août 2009

Lost in translation (in English)

All the pictures are commented in English because they were written English (and also because some readers speak English). That is.

This is your menu.
The waiter (who is luckily not a Parisian one) is waiting for your order.
Could you please proceed (as much as you can).



What's just bellow, in French, just tries to explain how translating from Chinese IS actually complex... Please don't misread me : this is just for fun. Enjoy !
An article on this issue can be found here.

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Les commentaires sont en anglais puisque les textes commentés le sont et que certains de mes "lecteurs" ne parlent qu'anglais !

Loin de moi l'idée d'entrer dans des considérations philosophiques sur les langues et les différentes et riches représentations du monde qu'elles véhiculent.
Il n'empêche... Si penser en anglais ne recouvre pas exactement la même chose que penser en français, il est possible d'appréhender ces différences. Le mot "liberté" renvoie peu ou prou au même concept que "liberty" en anglais ou "freiheit" en allemand. En Chinois, le mot est formé de deux idéogrammes. Le premier veut dire "soi même" et le second "origine". La liberté est donc en chinois ce qui n'est défini que par soi même. (cette exemple est tiré de l'excellent bouquin de C Javary, 100 mots pour comprendre les chinois).

Sous cette angle, tout travail de traduction ressemble a une gageure...


Aussi n'est il pas étonnant de trouver des traductions chinois vers l'anglais qui laissent le touriste rêveur, voir moqueur... Mon propos n'est pas ici de railler ces traductions fort amusantes pour qui sait en saisir la substantifique moëlle, mais il aurait été dommage de laisser inconnu tous ces chefs d'œuvre de contre sens.
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To start with this collection of pictures you are advised to read carrefully this interesting notice :


I was quite surprised to discover such a notice. To be honest I wouldn't have been surprised to discover its equivalent in France where the author, in love with his mother tongue, couldn't do less than advise English speaking readers in French.

This one is more straight forward (and perfectly understandable) :


Whereas those two give a sharp sight of local warning signs:


As advice goes, this one doesn't leave you much choice : when you slip please be kind enough to do it gently (and feel free to break up your face).


But here come the tasty ones. Look at this menu first. Wanna go for something really off the tracks ? pick up the item in the at second line !!

The crispy colorectal : ass good ass you can expect !

Here is a hot one (after you've been aroused by the previous one) : The big skirt burning lava !!


And finally, last but not least, are those juicy ones :


Don't ask me about the "lettuce that", I only know about "analyze that":


Analyzing might be a little more difficult to sort out the sucking chain initiated by Seto (?) :


And I woud be curious to know more about the actual content of Alexa's ball :


Alexa who might be a cook goddess prefers to stay out of all that mess :


All in all it's fair : if Alexa goes to the United States she will have to cope with strange meals :


Actually for this one, and unfortunatly only this one, I have an explanation (thanks to Ida). The pronounciation of the word for "United state" is very close in Chinese from the one of the word for "Maggy sauce". This just means that someting (the "Du de") is prepared with Maggy sauce.

A misinterpretation that the author of this display didn't have at all in expressing very clearly his feelings :

dimanche 23 août 2009

Diaolou c'est fou !

Les événements relatés dans le présent billet se sont produits aux alentours du 7 aout.

Ce jour là nous étions à Jiangmen, le repas organisé par Mélody, notre hôte, a commencé par ça :


Il me semble me rappeler qu'il s'agissait de "Dim Sum" qui veut littéralement dure "touche au cœur". On les mange générallement au petit déjeuner. Le terme est générique : dans le cas présent il s'agissait de préparations salées qu'on avait fourré dans une pate de riz.

Ces deux plats amenés sur la table, ont vite été complétés par ça :



Puis comme deux honnêtes hommes et 4 honnêtes femmes ne pouvait décemment se contenter de ce frugal hors d'œuvre, nos hôtes ont pris soin de commander aussi ça :


Ce après quoi nous avons eu droit à ça :


C'est pas franchement recommandé dans le cadre d'un régime hypocalorique, faut aimer le beurre relevé avec du sucre dans un peu de gras mais c'est très bon. (Et c'était aussi mon anniversaire).

A Jiangmen nous avons été hébergé par Melody, aidée de Iris, aidée de Crystal. Notre arrivée a été vécue comme un véritable événement par nos hôtes qui n'avaient pas hésitée à inviter des amies pour découvrir ces bêtes curieuses que nous sommes :

Nous en bêtes curieuses. Notez que j'ai adopté le look "Prison Break" avec un T-shirt délicatement ourlé par la sueur (sauf que moi c'était pas du chiqué : il faisait vraiment chaud). De gauche à droite : Iris (qui nous a prêté son appart), Mélody l'organisatrice en chef chef, Crystal, Little, Ying Ying, Minnie (véridique !), Pluto, Daisy et Donald.

L'une des raisons de notre venue à Jiangmen c'était la visite des diaolou. Malgré une sonorité plaisante qui ferait assurément croire au rustre que le diaolou est africain, les diaoulou sont chinois.

Il s'agit de des tours constuites à partir de la fin du XIXeme siècle par de riches marchands chinois émigrés aux Etats-Unis. Il n'est de diaolou qu'à Kaiping dans le Guangdong (Kaiping étant un village et Guandong une région chinoise). Les diaolou ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007.

Un diaolou (loin de l'Afrique et sans rapport avec elle).

Les diaolou sont peut être une anecdote de l'histoire (comme on pourrait dire en soirée après quelques trois de whisky) mais ils constituent un phénomène architecturale unique car le diaolou est beau (comme on pourrait dire à son voisin de table à la même soirée trois whisky plus tardd mais là il est temps d'arrêter).


Les concepteurs de diaolou ont en effet trouvé une synthése originale et esthétiquement trés réussie entre le style de la région où ils sont battis et ce qu'ils avaient pu voir aux USA où ils avaient fait fortune.


Les plus sagaces d'entre vous auront remarqués la forme en tour des diaolou. Il ne s'agit pas ici d'un hommage aux buildings américains mais d'une application pratique : les diaolou furent construits pour protéger les membres des familles des immigrés.


A cette époque, les habitants de la région étaient trés pauvres et la violence endémique. Les familles et les possessions des chinois partis faire fortune à l'étranger étaient des proies tentantes.


Une solution fut de construire ces bizarres maisons en utilisant un matériau révolutionnaire pour les campagnes chinoises de l'époque : le ciment. Celui-ci coûtait une fortune, surtout qu'il fallait l'acheminer de Hong Kong. On pris soin également de réduire la taille des fenêtres des étages inférieurs, de les munir de solides barreaux et d'aménager dans les murs et sur les étages des meurtrières afin que de pouvoir plus aisément trucider le vilain. Les diaolou servaient ainsi à la fois de foyer et de refuge.


Une fort charmante guide dans le plus pur style des guides formées par la glorieuse école des pionniers du tourisme de l'agro-combinat 4027 du sous district 4565 de Kaipang explique tout celà à nos amies chinoises. Elles nous traduisent des bribes de phrases avec force commentaires sous le regard agacé de la-dite guide qui demande plusieurs fois le silence d'un air martial (ce qui les fait encore plus marrer).


Un aspect étonnant des diaolou est qu'ils s'intègrent trés harmonieusement à leur environnement. Imaginer la construction d'immeubles dans la campagne chinoise des années 30 et envisager que ces constructions seraient un jour considérées comme faisant partie du patrimoine de l'humanité est une vraie gageure quand on constate les aspects actuels de l'urbanisation chinoise. Mais il est vrai que les enjeux ne sont pas les mêmes (comme on dirait aussi en fin de soirée avec encore plus de verres de whisky).

Dernière chose amusante que ma pudeur naturelle (un peu) et l'absence d'éclairage pour faire une photo décente (beaucoup) m'empêche de montrer ici : une application du feng shui. Chaque étage est construit autour d'une pièce centrale avec deux à quatre pièces latérales. Lorsque l'étage ne comporte qu'une pièce latérale de chaque coté, on n'a qu'une seule porte permettant d'accèder à la pièce. Si les deux portes d'accès aux pièces latérale ne sont pas face à face de part et d'autre de la pièce centrale alors on trouve une porte fictive. La raison ? "il faut conserver un équilibre dans les ouvertures". Et cette réponse si étonnante à nos oreilles européennes n'apporta pas même un commentaire de nos amies chinoises tant elle était évidente...

vendredi 21 août 2009

Back to black

Paramètres de position géographique : Paris, France

Dernière chose vue peu avant la publication du présent billet :



Nous sommes rentrés mardi soir. Voyage du retour sans autre soucis que la fatigue accumulée par sa durée : 25 heures (dont 10 en transit à Dubaï) c'est long.
On a doucement comaté jusqu'à hier et j'essaie de me réhabituer à l'idée du métro lundi...

[
Espace private joke

Si tu es un collègue et que tu lis ce blog je t'en remercie. J'adore les "private joke" et j'aimerais vraiment te signifier par une boutade caustique combien j'apprécie de travailler avec toi (ou non) ou plus de simplement de te connaître.

Malheureusement même si ce blog reste confidentiel (120 lecteurs d'après les stats et une vingtaine de réguliers), il n'est pas privé. En conséquence de quoi je ne peux pas, même avec le tact et la finesse légendaire qui régissent mes rapports avec le monde, te faire une petite blague.

Je t'offre par contre l'opportunité de choisir ta propre boutade. Imprime ce billet et écrit la toi même avec tes mots dans l'emplacement ci-dessous :





Merci
Sar
]

Bon.

J'ai commencé à jeter un oeil sur les photos. Il va me falloir un bout de temps pour effectuer tri et sélection. J'ai en effet l'intention de mettre en ligne la plupart de ces photos à l'intention de nos amis chinois (l'hébergeur du présent blog est bloqué par le gouvernement chinois) (mais ça n'a rien de personnel) (enfin je crois).

D'autres billets vont venir mais une fois encore il me faut un peu de temps pour choisir et éditer les photos. Mon intention n'est pas de clore tout de suite le blog mais de publier encore quelques billets. Certaines partie du voyage n'ont pas été relatées et il y a des sujets plus transverses sur lesquelles je souhaiterais m'étendre (ou m'étaler) comme le thé ou les problèmes de communication.

Sur ce dernier point et en attendant un billet plus fourni voici quelques unes des affiches de cinéma repérées dans le métro de Hong Kong. Force est de constater qu'en matière culturelle la France n'a pas à rougir : grâce à une politique audacieuse certains chefs d'œuvre du cinéma français sont sur le point d'être traduits ou adaptés en Chine.

Qu'on en juge :


Cette première affiche met en avant notre Johnny national mondialement reconnu : la preuve ! Certes le réalisateur du film en question est Johnnie To qui est chinois (mais s'il avait pu choisir nul doute qu'il aurait élu notre beau pays), certes l'histoire se passe à Hong Kong. Et alors ? Johnny idole des j(e)unes c'est naturel !

L'affiche suivante met à l'honneur un réalisateur français qui n'a eu de cesse de faire rire les braves gens de Versailles à Chatenay malabry :


Il s'agit bien évidement du remake de "la vie est un long fleuve tranquille" de E.Chatillez.


Continuons avec une adaptation de l'adaptation de l'un des plus grands romans du XIXème :

Il s'agit (du moins le déduis je) de l'adaptation du film "Madame Bovary" de Chabrol qui avait lui même fait l'adaptation du roman éponyme de Flaubert. Sur cette affiche on peut voir Emma, troublée, peu de temps après son retour du bal chez le Marquis d'Andervilliers qui lui fera prendre conscience de sa "triste" condition.

On reste dans le domaine de la littérature avec cette affiche :


Ici, une petite erreur de traduction : il ne faut bien évidement pas lire "on line" qui pourrait faire croire à une pub pour un jeu en ligne mais "Ondine". La plupart d'entre vous aviez dans tous les cas déjà reconnu le chef d'oeuvre de Giroudoux : la pièce Ondine (9 actes, parue en 1939). Cette scène se situe probablement à l'acte 1 et illustre l'arrivée du héros : Hans von Wittenstein.

Enfin, une adpatation libre d'un film sur une des plus sombres périodes de notre histoire...


... Il s'agit de la reine Margot de Chereau. Dans la version chinoise, le rôle joué par Adjani a été quelque peu diminué pour laisser place à un esthétisme à la Wong Kar Wai afin de jouer sur les couleurs (en l'occurence une seule : le rouge, Saint-Barthelémy oblige). On a aussi scénarisé les combats et les massacres et Besson a ré-écrit le scénario (ci-dessus : le personnage du Duc de Guise pas content).

A bientôt

mardi 18 août 2009

MACAU : Rouge impair manque

(suite de l'épisode précédent)

Paramètres de situation : Dubaï en attente pour l'embarquement.


Résumé de l'épisode précédent : après avoir faillis devenir des stars internationales dans une série télévisée à rebondissements cornéliens, la famille SAR a rendez-vous avec un membre de Couchsurfing dans l'établissement « The Blue Frog », sis « the Venetian », casino gargantuesque de Monsieur Ho, le tycoon de Macau.


Peu avant sa sinistre fin le dinguissime Ceaucescu se fit construire un palais à la mesure de sa mégalomanie. Dans une autre vie votre serviteur eut l'opportunité de visiter ledit palais. On y trouvait des plafonds aberrants de 6 ou 7 mètres de haut, des boiseries faites avec les essences les plus rares, des lustres dégoulinant de cristaux si lourds qu'il fallait renforcer le soutènement du plancher qui les portaient, bref, le délire pur d'un malade qui se voyait en « génie des Carpathes », conducteur de la pensée et autres fadaises (ses titres sont véridiques). Ceaucescu avait été pauvre, son rêve de châteaux dégoulinait de matériaux précieux à plein nez. Monsieur Ho, son alter ego de Macau, l'artisan du Venetian -3ème ou 4ème bâtiment au monde par la taille- a du rêver dans sa jeunesse d'amour et de gondolier parce que lui son trip c'est pas l'acajou mais Venise.


Le Venetian : faut que ça brille et que le touriste en ai plein les yeux (surtout s'il en a plein les poches)


Pas la Venise de la réalité - plus anecdotique que romantique - mais une Venise réinventée, une Venise à la Disney qui serait plongée dans une débauche de magasins de luxe et de dorures faciles. On y joue du Jean Philippe Rameau et du Vivali dans les chiottes et les malheureux qui officient dans les entrailles de cette aberration sont déguisés en gondolier ou en groom à la Spirou (!). On a recréé un ciel (faux), des ruelle (fausses), des ponts (faux) qui enjambent un canal (vrai) au pays des montres Rolex (vraies), des sacs Vuiton (vrais) et autres régalades pour gens fortunés (pour de vrais, avec carte bancaire de la bonne couleur).



Cette aberration ne serait pas complète si elle ne comportait pas de kitchissimes gondoles avec leurs gondoliers et la foule usuelle de gogos prêt à s'y enfourner pour un roulage de pelle express sous lumière synthétique et air conditionnée à 19° (parce qu'en plus il y fait froid).


Bon, Venise, ses gondoles. Ca c'est fait.

Mais quoi encore ?

Les masques hideux de leur ridicule festival ?

C'est nos gueules en découvrant ce délire.

Fait aussi.

Que reste t il encore à évoquer à propos de Venise ?

La place saint Marc !

Mais y a pas de pigeons, ou plutôt si : il y a nous, les joyeux con-somateurs ! Sauf que personne ne nous nourrit pendant qu'on folâtre gaiement en gloussant.

D'ailleurs à propos de bouffer. Faut qu'on trouve le restaurant et vue les indications qu'on nous donne c'est pas gagné :


Brian oblige on n'a pas pu approcher les aires de jeux. C'est pas tant qu'on tenait à lui insuffler le démon du jeu mais l'architecture du bâtiment semble avoir été faite de telle manière que pour aller d'un point à un autre il faille absolument passer par les aires de jeux à moins de monter et de descendre des étages suivant une logique qui nous échappe. Comme la chiourme locale est assez vigilante j'ai eu du mal à prendre une photo de la masse de joueurs. Voilà le mieux que j'ai pu obtenir :

N'est pas paparazzi qui veut. Notez les portes dorées qui cachent l'espace de jeu : elles ont été produites par l'usine de production n° 4536 dans la banlieue de Dongguan dans le cadre du 25ème plan quinquenal « mille fleurs rouges ». Encore une triomphante victoire du PCC ! Ils sont forts ces communistes !


samedi 15 août 2009

Macau : Les jeux sont faits

Dubaï, le retour.

Je suis assis au Paul local. Il est 5h20 heure locale. Je ne sais pas depuis combien de temps je n'ai pas dormi. Branka s'est effondrée peu après la première prière du jour. Brian est parti recharger sa DS je ne sais où. Première partie du récit de nos aventures à Macau.

photo de situation :

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Malgré les injonctions du guide je m'attendais à découvrir un Macau gangrené par le jeu ou le touriste insouciant aurait pu errer dans d'improbables ruelles à l'odeur de souffre, de poudre ou au moins de poisson séché. Il n'en est est rien (sauf pour le poisson). Du haut de la Macau tower, la nuit dévoile un paradis de toc dont les scintillements très bling-bling peuvent au mieux égarer les âmes faibles (et fortunées). La vérité est que la vraie Macau est bien éloigné de la sulfureuse image dont on l'affuble habituellement. Bien avant le transfert du pouvoir aux chinois, les autorités locales et les tycoons avaient déjà largement fait le ménage; Il y a bien longtemps qu'on ne s'entretue plus dans les rues de Macau.


Autrefois possession portugaise, la ville a gardé de ces lointains ancêtres une langue qui semble plus avoir été conservée pour les touristes asiatiques (les noms de rue, les panneaux et les documents officiels sont en chinois et en portugais) que par se habitants (très peu parlent portugais : seulement deux conversations entendues en trois jours). Les anciens occupants ont laissé à la ville une architecture à l'esthétique résolument européenne.



Macau a les langueurs océanes du Portugal et déroule ses ruelles calmes sans la folie trépidante et commerciale de Hong Kong. Ici tout semble s'écouler lentement. Même les vendeurs sont léthargiques ce qui n'est pas peu dire dans un pays où tout se négocie.



Macau est aussi un havre de douceur par sa fraîcheur. C'est loin d'être un détail : la chaleur humide (jusqu'à 90 % d'humidité) de Hong Kong est proprement assommante.

Ici l'auteur avait prévu une comparaison qui déchire sa race de citation littéraire, il s'agissait d'écrire que la chaleur écrasante de HK nous « faisait nous déplacer comme des poulpes au fond d'une baignoire d'eau fadasse » (L.F. Céline, voyage au bout de la nuit phrase sublime s'il en est) mais par égard à tous les poulpes, seiches et autres calamars que l'auteur a baffé durant ses vacances, l'auteur, lui, enfin moi, n'en fera rien.



Malgré ses racines portugaises Macau n'a jamais cessé d'être profondément chinoise et c'est donc tout naturellement que nous nous sommes lancés à la découverte de ses superbes parcs et jardins. Au détour d'un arbre inconnu, nous sommes tombés par hasard sur le tournage d'un film.


*** Avis au lecteur ***

si tu es un locuteur chinois

si tu es accro à ses séries télévisées nationales que l'on voit s'épanouir sur tous les écrans de TV chinois (et il y en a beaucoup)

si tu vis au rythme palpitant de ses séries qui n'ont rien à envier à leurs homologues brésiliens (jeu des acteurs au delà du pitoyable, scénario dont l'audace rivalise avec le script d'une pub de lessive, dialogues dont l'indigence ferait honte à un militant des jeunesses UMP ou LCR)


Alors ce qui va suivre n'est pas pour toi. Des secrets vont être révélés, des « spoilers » vont être lâchés : saute deux images et retrouve nous là-bas.

T'es prévenu.



C'est en effet une série que l'on tourne. Du moins le suppute-je mais compte tenu du nombre de prises par scène (deux pour les plus difficiles) et des moyens modiques mis en œuvre, ça sent la série à petit budget avec obligation contractuelle de shooter un épisode en deux jours.

La scène à laquelle nous assistons (et que ma pudeur naturelle m'a conduit à cacher aux autres rigolos) est un scène poignante : deux hommes sont assis à une table, l'un remet un paquet à l'autre, il lui glisse quelques mots puis les deux hommes se relèvent et se serrent une virile poignée de main. C'est tout. Quel peut bien être le contenu si précieux de ce mystérieux paquet (de l'argent, l'intégrale de Victor Hugo, une carte mère ?), que se disent les deux hommes (en chinois en plus !). Nous n'en savons rien et ne pouvons que nous perdre en supputations.


Sur la photo ci-dessus Chan déclare à Lee : « Je suis ton père, Lee ».

Lee lui répond : « Chan, mon frère, tu es maintenant mon père et si ce que tu dis est vrai ça change beaucoup de choses dans la vie banane et molotone que j'endure juit et nour au bureau en tant que responsable de l'avoprisionnement en trombones et papiers divers au sein de la Chan Worwide Inc. »

Cette situation met Lee sur un pied d'estale dont il ne peut plus descendre [la descente de Lee serait terrible] car il est secrètement amoureux de la fille de Chan qu'il ne peut donc plus épouser avant la saison 2 (où on apprend qu'elle n'est pas la fille de Chan)(mais en fait on s'en fout un peu).

(Surtout qu'il y a peu de chances qu'on voit la saison 1 en France).

Ce qui n'est pas plus mal.

Allez vient on va retrouver les autres gougnafiers.


*** Fin de l'intermède avec « SPOILER CONTENT » ***


Après ce moment intense et culturel, nous prenons le bus pour Coloane, un des villages situés au sud de la péninsule de Macau.



Si Macau nous avait surpris par sa léthargie, Coloane est encore plus alanguie. A l'instant ou nous pénétrons dans le village tout semble indiquer qu'il ne va rien se passer dans ce petit village avec ses routes calmes et ombragées :



Et effectivement il ne se passe rien !


Nous prolongeons notre ballade jusqu'à ce que nous rencontrions un temple.



C'est un temple comme on en croise partout en Chine qui mêle divinités du taoïsme avec Bouddha et parfois encore d'autres dieux... Je ne sais pas si on peu parler de « religion » pour les chinois. Le peu que j'ai compris est que ce que nous appelons « religion » est chez eux une forme de syncrétisme très large ou se mêlent religions établies, animisme et divinités locales. Dans ce temple nous assistons pourtant à une « cérémonie » étonnante. Une jeune femme s'approche de l'autel et prend un pot contenant des bâtonnets. Elle agite le pot de haut en bas en adoptant une posture de profond recueillement jusqu'à ce qu'un bâtonnet s'échappe du pot. A cet instant, elle le prend et l'amène à un homme assis sur le coté de l'autel.


En fait, les baquettes portent un numéro. C'est ce numéro que la jeune femme va montrer à l'homme. Ce dernier n'a pas de signes ou de vêtements particuliers marquant une fonction religieuse. Il extrait un papier d'une sorte de grand panneau qu'il tient devant lui et qui contient les chiffres correspondant au numéro « choisi ». Il lit le contenu du papier et -je présume- se lance dans son interprétation. L'interprétation dure 5 bonnes minutes.



Après quoi, la jeune femme lui remet de l'argent et se dirige vers un bac rempli d'eau situé de l'autre coté du temple. Elle y dépose quelques pièces, effleure de la paume de ses mains la surface de l'eau et les frotte énergiquement sur les anses du bac.

C'était notre séance « pratique des arts divinatoire dans la Chine d'aujourd'hui.

Nous poursuivons notre promenade et, à notre grande surprise, nous retrouvons l'équipe de tournage croisée précédemment.


On reconnaît facilement le réalisateur : c'est celui qui est assis, dont la voix porte loin et fort avec hargne. Je présume qu'il se plaint d'avoir une équipe de bras cassé. Bref : un manager. La scène qu'il tourne se déroule autour d'un banquet. En quasi direct live, voici 18 secondes de pure réalité :


Ils ne cherchaient pas de figurants.

Peut être ai je laissé passer ma chance.

Le doute me ronge.