mardi 18 août 2009

MACAU : Rouge impair manque

(suite de l'épisode précédent)

Paramètres de situation : Dubaï en attente pour l'embarquement.


Résumé de l'épisode précédent : après avoir faillis devenir des stars internationales dans une série télévisée à rebondissements cornéliens, la famille SAR a rendez-vous avec un membre de Couchsurfing dans l'établissement « The Blue Frog », sis « the Venetian », casino gargantuesque de Monsieur Ho, le tycoon de Macau.


Peu avant sa sinistre fin le dinguissime Ceaucescu se fit construire un palais à la mesure de sa mégalomanie. Dans une autre vie votre serviteur eut l'opportunité de visiter ledit palais. On y trouvait des plafonds aberrants de 6 ou 7 mètres de haut, des boiseries faites avec les essences les plus rares, des lustres dégoulinant de cristaux si lourds qu'il fallait renforcer le soutènement du plancher qui les portaient, bref, le délire pur d'un malade qui se voyait en « génie des Carpathes », conducteur de la pensée et autres fadaises (ses titres sont véridiques). Ceaucescu avait été pauvre, son rêve de châteaux dégoulinait de matériaux précieux à plein nez. Monsieur Ho, son alter ego de Macau, l'artisan du Venetian -3ème ou 4ème bâtiment au monde par la taille- a du rêver dans sa jeunesse d'amour et de gondolier parce que lui son trip c'est pas l'acajou mais Venise.


Le Venetian : faut que ça brille et que le touriste en ai plein les yeux (surtout s'il en a plein les poches)


Pas la Venise de la réalité - plus anecdotique que romantique - mais une Venise réinventée, une Venise à la Disney qui serait plongée dans une débauche de magasins de luxe et de dorures faciles. On y joue du Jean Philippe Rameau et du Vivali dans les chiottes et les malheureux qui officient dans les entrailles de cette aberration sont déguisés en gondolier ou en groom à la Spirou (!). On a recréé un ciel (faux), des ruelle (fausses), des ponts (faux) qui enjambent un canal (vrai) au pays des montres Rolex (vraies), des sacs Vuiton (vrais) et autres régalades pour gens fortunés (pour de vrais, avec carte bancaire de la bonne couleur).



Cette aberration ne serait pas complète si elle ne comportait pas de kitchissimes gondoles avec leurs gondoliers et la foule usuelle de gogos prêt à s'y enfourner pour un roulage de pelle express sous lumière synthétique et air conditionnée à 19° (parce qu'en plus il y fait froid).


Bon, Venise, ses gondoles. Ca c'est fait.

Mais quoi encore ?

Les masques hideux de leur ridicule festival ?

C'est nos gueules en découvrant ce délire.

Fait aussi.

Que reste t il encore à évoquer à propos de Venise ?

La place saint Marc !

Mais y a pas de pigeons, ou plutôt si : il y a nous, les joyeux con-somateurs ! Sauf que personne ne nous nourrit pendant qu'on folâtre gaiement en gloussant.

D'ailleurs à propos de bouffer. Faut qu'on trouve le restaurant et vue les indications qu'on nous donne c'est pas gagné :


Brian oblige on n'a pas pu approcher les aires de jeux. C'est pas tant qu'on tenait à lui insuffler le démon du jeu mais l'architecture du bâtiment semble avoir été faite de telle manière que pour aller d'un point à un autre il faille absolument passer par les aires de jeux à moins de monter et de descendre des étages suivant une logique qui nous échappe. Comme la chiourme locale est assez vigilante j'ai eu du mal à prendre une photo de la masse de joueurs. Voilà le mieux que j'ai pu obtenir :

N'est pas paparazzi qui veut. Notez les portes dorées qui cachent l'espace de jeu : elles ont été produites par l'usine de production n° 4536 dans la banlieue de Dongguan dans le cadre du 25ème plan quinquenal « mille fleurs rouges ». Encore une triomphante victoire du PCC ! Ils sont forts ces communistes !


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