Ce jour là nous étions à Jiangmen, le repas organisé par Mélody, notre hôte, a commencé par ça :

Il me semble me rappeler qu'il s'agissait de "Dim Sum" qui veut littéralement dure "touche au cœur". On les mange générallement au petit déjeuner. Le terme est générique : dans le cas présent il s'agissait de préparations salées qu'on avait fourré dans une pate de riz.
Ces deux plats amenés sur la table, ont vite été complétés par ça :

Puis comme deux honnêtes hommes et 4 honnêtes femmes ne pouvait décemment se contenter de ce frugal hors d'œuvre, nos hôtes ont pris soin de commander aussi ça :

Ce après quoi nous avons eu droit à ça :

C'est pas franchement recommandé dans le cadre d'un régime hypocalorique, faut aimer le beurre relevé avec du sucre dans un peu de gras mais c'est très bon. (Et c'était aussi mon anniversaire).
A Jiangmen nous avons été hébergé par Melody, aidée de Iris, aidée de Crystal. Notre arrivée a été vécue comme un véritable événement par nos hôtes qui n'avaient pas hésitée à inviter des amies pour découvrir ces bêtes curieuses que nous sommes :
Nous en bêtes curieuses. Notez que j'ai adopté le look "Prison Break" avec un T-shirt délicatement ourlé par la sueur (sauf que moi c'était pas du chiqué : il faisait vraiment chaud). De gauche à droite : Iris (qui nous a prêté son appart), Mélody l'organisatrice en chef chef, Crystal, Little, Ying Ying, Minnie (véridique !), Pluto, Daisy et Donald. L'une des raisons de notre venue à Jiangmen c'était la visite des diaolou. Malgré une sonorité plaisante qui ferait assurément croire au rustre que le diaolou est africain, les diaoulou sont chinois.
Il s'agit de des tours constuites à partir de la fin du XIXeme siècle par de riches marchands chinois émigrés aux Etats-Unis. Il n'est de diaolou qu'à Kaiping dans le Guangdong (Kaiping étant un village et Guandong une région chinoise). Les diaolou ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007.
Les diaolou sont peut être une anecdote de l'histoire (comme on pourrait dire en soirée après quelques trois de whisky) mais ils constituent un phénomène architecturale unique car le diaolou est beau (comme on pourrait dire à son voisin de table à la même soirée trois whisky plus tardd mais là il est temps d'arrêter).

Les concepteurs de diaolou ont en effet trouvé une synthése originale et esthétiquement trés réussie entre le style de la région où ils sont battis et ce qu'ils avaient pu voir aux USA où ils avaient fait fortune.

Les plus sagaces d'entre vous auront remarqués la forme en tour des diaolou. Il ne s'agit pas ici d'un hommage aux buildings américains mais d'une application pratique : les diaolou furent construits pour protéger les membres des familles des immigrés.

A cette époque, les habitants de la région étaient trés pauvres et la violence endémique. Les familles et les possessions des chinois partis faire fortune à l'étranger étaient des proies tentantes.

Une solution fut de construire ces bizarres maisons en utilisant un matériau révolutionnaire pour les campagnes chinoises de l'époque : le ciment. Celui-ci coûtait une fortune, surtout qu'il fallait l'acheminer de Hong Kong. On pris soin également de réduire la taille des fenêtres des étages inférieurs, de les munir de solides barreaux et d'aménager dans les murs et sur les étages des meurtrières afin que de pouvoir plus aisément trucider le vilain. Les diaolou servaient ainsi à la fois de foyer et de refuge.

Une fort charmante guide dans le plus pur style des guides formées par la glorieuse école des pionniers du tourisme de l'agro-combinat 4027 du sous district 4565 de Kaipang explique tout celà à nos amies chinoises. Elles nous traduisent des bribes de phrases avec force commentaires sous le regard agacé de la-dite guide qui demande plusieurs fois le silence d'un air martial (ce qui les fait encore plus marrer).

Un aspect étonnant des diaolou est qu'ils s'intègrent trés harmonieusement à leur environnement. Imaginer la construction d'immeubles dans la campagne chinoise des années 30 et envisager que ces constructions seraient un jour considérées comme faisant partie du patrimoine de l'humanité est une vraie gageure quand on constate les aspects actuels de l'urbanisation chinoise. Mais il est vrai que les enjeux ne sont pas les mêmes (comme on dirait aussi en fin de soirée avec encore plus de verres de whisky).
Dernière chose amusante que ma pudeur naturelle (un peu) et l'absence d'éclairage pour faire une photo décente (beaucoup) m'empêche de montrer ici : une application du feng shui. Chaque étage est construit autour d'une pièce centrale avec deux à quatre pièces latérales. Lorsque l'étage ne comporte qu'une pièce latérale de chaque coté, on n'a qu'une seule porte permettant d'accèder à la pièce. Si les deux portes d'accès aux pièces latérale ne sont pas face à face de part et d'autre de la pièce centrale alors on trouve une porte fictive. La raison ? "il faut conserver un équilibre dans les ouvertures". Et cette réponse si étonnante à nos oreilles européennes n'apporta pas même un commentaire de nos amies chinoises tant elle était évidente...


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