dimanche 9 août 2009

Vendredi c'est vie sauvage

Nous revoilà.
Les événements relatés ci-dessous se sont produits il y a un peu plus d'une semaine mais le temps, les changements de résidence, le tri des photos, etc, etc..Ce billet est publié de Hong Kong où nous sommes retournés après notre escapade en Chine. D'autres billets suivront mais je ne sais pas quand !!


Photo prise de ma position lorsque j'ai terminé ce billet :


Avant-Dernière position connue : près du centre de JIANGMEN, Chine

Dernière position connue : Hong Kong, quartier de Tai Po

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Vendredi dernier nous décidons donc d'aller visiter l'île de Lamma. C'est une petite île située au sud-ouest de Hong Kong; Le Routard nous promet du « farniente » et des ballades à pied dans la végétation (en plus de la meute usuelle et braillarde de français qui ont aussi lu ce guide). Parfait.

Premier objectif : trouver une embarcation. On se dirige vers Aberdeen où moyennant une poignée d'euros un pêcheur accepte de nous emmener à Sok Kwu Wan (la deuxième des deux seuls ports de l'île).

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal/[…]/Ils partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal... ((détail)

Traversée étonnante compte tenu du ballet incessant des porte-conteneurs entre lesquels nous devons nous faufiler. La houle créée par le passage d'un seul de ces monstres est inquiétante. A notre arrivée nous découvrons un port lilliputien où surnagent quelques bateaux.


Dans le port de Sok Kwu Wan /Y a des marins qui chantent


Ce qui est étonnant c'est que si le visiteur se retourne il peut apercevoir les barres d'immeubles de Hong Kong. Pourtant, le paysage dépouillé et rustique que nous découvrons n'a plus rien à voir avec le bouillonnements de la mégapole de l'autre coté de la baie. Nous déjeunons rapidement de plats à base de fruits de mer dans l'un des restaurants qui borde l'unique route du village.



Notre road map est simple : rejoindre Young Shue Wan en passant par Lo So Shing Beach dans une jungle infestée de plantes vertes, d'animaux chiants et peut être même de surfeurs aux abords de Lo So Shing Beach.


« Bodhi : Chaque surfeur a sa vague. Cette vague l'attend, quelque part, sur un spot.

Jhonny : ….Pas compris....

Bodhi : Je sais. »

Point Break, « directors cut », collection OR, TF1 video.

Nous nous mettons en route le cœur léger, l'estomac un peu moins : nach Yung Shue Wan ! Nous ne tardons pas à entrer en contact avec la population animale du coin :


Le corps de l'araignée fait 5 cm, avec les pattes elle atteint 20 cm. Cette bête n'inspire pas vraiment confiance (d'ailleurs Brian n'a même pas suggéré qu'on en ramène à Paris pour se lancer dans l'élevage).


Dans un registre plus soft et nettement plus agréable, nous rencontrons pas mal d'espèces de fleurs et de fruits (dont des bananes, cf. Photo) différentes :

Mignonne allons voir si la rose

Sous les tropiques avoit desclose

Anthologie de la poésie française, Special SAR Remix, Original beat : P 2 Rons-Hard


Notez les bananes à deux bouts autour de la fleur (?) pourpre sur la photo de gauche.


La végétation de cette première partie du trajet ressemble à ça :

Un phénomène intéressant à noter est que si la température est proprement étouffante en plein soleil, la partie arborée du chemin se fait sous une douce fraicheur (entrecoupée par quelques bouffées de chaleur lors de la découverte des premières araignées). Un autre aspect qu'il est difficile de transcrire ici : les bruissements de la nature. Dans les sous-bois européens le niveau sonore de la vie est relativement modéré mais ici c'est un concert assourdissant de cris, de chants et de claquements. Bref, ça croque, copule et meurt en décibels. Alors que nous continuons à avancer le paysage se met à changer : la végétation se fait plus touffue, les arbres plus massifs : on rentre dans la forêt...


La photo du dessus est prise en contre-plongée. Avec ce type de canopée (je précise pour les jeunes qui nous lisent que la canopée est la partie de la forêt constituée par la cime de arbres) on pourrait s'attendre à trouver un sous-bois aussi clairsemé que l'économie argentine après le passage du FMI. Il n'en est rien. Voici à quoi ressemble la végétation à hauteur d'homme :

« Sous les tropiques la végétation ne sait pas se tenir » C Levi-Strauss


Mais foin de ces constatations écologiques : nous sommes arrivés à la plage. Le lecteur sagace aura peut être compris que l'auteur n'est pas un grand fan des plages : la perspective de cuire de conserve avec d'autres quidam au bain-marie (que je salue) ne m'enthousiasme guère. Sauf que cette plage là... A vrai dire ce n'est pas vraiment une plage, tout au plus un chiffon de plage coincé dans un écrin de verdure (l'auteur a été poète en agence de pub dans sa jeunesse : on se nourrit comme on peut)(et à cette époque l'auteur était maigre). Cette plage là, donc, elle est LA plage. Qu'on en juge :

Robinson Crusoé n'a pas connu Jean-Pierre Pernaut et il est mort heureux


Sur l'échelle BESSAR (Beach Evaluation System bySAR) on obtient les notes suivantes :


Ratio nb de maître nageur / nb de personnes dans la mer : 1,4 (7 consultants en surveillance des personnes / 5 utilisateurs applicatifs de l'eau)

Nb de beach-volleyeur qui veut qu'on lui passe la balle et le fait savoir en beuglant : 0

Nb de gnomes coureur-aspergeur de sable : 0

Nb de Zidane ratés qui place ses tirs aux buts (délimités par la serviette et le T-shirt de Kevin) dans l'axe de notre camp de base : 0

Température de l'eau au niveau du gros doigt de pied : rafraichissante

Température de l'eau au niveau de la mi-voute plantaire : plaisante

Température de l'eau au niveau de la cheville : très agréable

Température de l'eau au niveau du lobe de l'oreille gauche : quasi-orgasmique


Dés lors autant te dire que comme le déclamait l'ami Arthur (Rimbaud, le poète, pas l'autre misérable de la télé) je me suis plongé fissa dans le Poème de la mer, (« infusé d'astres, et lactescent » même qu'il rajoutait le bougre mais je m'égare : la poésie saoule)(surtout sur un bateau).


« La plage, c'est trop bien » (Arthur Rimbaud, poète sans papiers, 1854-1891).


Ces sensations seraient sublimes par certains soirs d'été si ce n'était la vision d'horreur d'une affreuse usine en arrière plan :


« J'en ai marre », Brian, un jeune


Après une heure ou deux nous nous remettons en route. La fatigue se lit sur nos visages burinés par la fatigue et la chaleur :


Drame des vacances sous les tropiques: un jeune sévèrement buriné par le soleil

Mais le désir de relever des challenges, d'aller à la fin du bout de la route du chemin pour performer vers de nouveaux horizons est plus fort que tout. Il revigore nos muscles endoloris et imprime sur nos visages studieux et nos fronts d'airain l'immuable détermination qui nous meut :


C'est la fête : sur T2 le REX a progressé de 2,8 % en marge consolidée brute !


La dernière partie du trajet se déroule sur une face de l'île dont la végétation est beaucoup plus dépouillée. Nous atteindrons Young Shue Wan au delà du temps imparti par l'office du tourisme (1h15'33''). On ne peut pas winner tous les jours.

6 commentaires:

  1. Je suis privé de vacances car mon boss n'est de gauche que dans les dîners mondains... et lire se blog me fait du mal : J'AI ENVIE DE PARTIR MOI AUSSI !!!!!!

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  2. Cher anonyme,

    ne soyez pas grossier s'il vous plait.Savez vous combien les vacances minent la richesse nationale ?

    Ceci dit je compatis et vous apporte tout mon soutien.

    PS meme dans les banquets je doute que mon patron soit de gauche.

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  3. Le directeur de l' "affreuse usine en arrière plan"12 août 2009 à 20:04

    Monsieur,

    Sachez que le bâtiment que vous osez qualifier d' "affreuse usine en arrière plan" est un centre de production de toute sorte de babiolles (disques durs, RAM, cartes-mère et trucs de geeks en tout genre) que vous êtes bien contents de pouvoir acheter à bas prix à votre retour en France.

    On veut la société de la consommation, ou ne la veut pas. Il faut choisir.

    Bien à vous.

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  4. @directeur etc..

    Monsieur le directeur je ferai un billet sur ce sujet dès notre retour dans notre brave patrie.
    En attendant cessez à votre tour d'écrire sur un clavier probablement communiste (car produit en RPC).

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  5. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  6. Monsieur,

    Je constate avec amertume que depuis le 15 aout il ne s'est rien passé et que le billet promis n'est jamais arrivé.

    C'est décevant.

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